Droit ou plutot Sentiments 


Les rides de SARKIS, un des “frères” dont nous nous occupons dans l’association pour les personnes à mentalité réduite.


Ces « Mou3akines » que nous regardons dans la rue en disant « haram » ou « ya  mama ». Ceux-là même qui sont une des classes sociales les plus touchées par le chômage, la solitude émotionnelle ; ces parias, qui vivent dans des familles déjà meurtries.


Mais Handicap, ne peut il pas aussi avoir une vie ? Une vie sociale, amicale ?


Les amis ? En ont-ils ?


Ce moral qui chez nous, les « straights » n’est pas toujours straight, doit il affecter les droits à la vie ? LE droit à une vie normale ?


Dans nos villages, dans nos villes, prenons-nous en considération les besoins de tous ? Ou Nous nous cantonnons aux besoins de certains ? «  Cette majorité » qui légitime, non légitime, bref : pensons nous, en organisant nos cités, en construisant nos Super building, en prospectant nos politiques publiques, a tous ceux qui peuvent comprendre à peine la moitie des signes ? La moitié de notre mode de vie ?


Voila ce qu’ils nous donnent eux. Gratuitement, Sans taxes, Sans gants de velours… une expérience que je vis depuis plus qu’en an, une expérience de VIE :


 


Les rides de sarkis :


Un regard pénétrant, un regard qui a vécu et qui a vu beaucoup de choses dans sa vie.


On me dit que Sako comme on l’appelle est : malade,  je ne le vois pas, quand il me dit, ma fille « ya benté » assieds- toi, quand il s’assure que j’ai été servie tout comme lui, j’ai eu ma part de biscuit, jus et gâteaux. Je ne vois pas la maladie.


Sako, dont le regard entouré de rides, cache un esprit ludique qui rit, et plaisante….


Sako vit dans son monde, calme, il rit seul et calmement, n’a pas de ses sorties ou crises que d’autres frères ont…


Sako… cher ancien, tu m’apprends beaucoup.


 


 


Marie : la fofolle qui ne parle pas, mais qui parle beaucoup. Elle n’entend pas non plus, mais s’exprime tellement : Et oui avec moults gestes, marie me raconte sa vie. Elle parle et parle, d’une façon volubile, et incompréhensible pour moi qui lui tient la main, lui fait des câlins, et la serre pour qu’elle ne tombe pas.


En cadeau je lui ai donne un rouge à lèvre, elle le voulait tellement ! Et mon bracelet. En contrepartie, elle me laisse un chapelet, qui pendouille dans la voiture… C’est Marie, avec ses boucles d’oreilles, son sac à main, ses ongles vernis, et son rouge à lèvre de travers.


Elle travaillait parait-il dans la lingerie : laver les linges , les sécher et les repasser…


Avec sa maladie, les sœurs, de vraies sœurs cette fois, le  lui ont interdit, et depuis, Marie est inconsolable… hein hein hein et geste, et hein hein hein, elle me raconte elle pleure, elle gesticule et hein hein hein, que puis-je faire, lui donner un cadeau, l’embrasser et la serrer…


 


Ammo Geryes,


Eh oui le phénomène, nous l’aimons tous, même si des fois violent, il nous frappe, ammo geryes est le dynamo du groupe, il répète tous les mots et phrases qu’il entend, ammo geryes même s’il sent mauvais à bon cœur :


Tu lui tiens la main, il se calme,


Il te trouve jolie, il s’assoie à cote de toi et essaye de se taire pour moins de 10 secondes J


Et oui ammo geryes, qui te donne sa montre qui lui fait mal au poignet, qui porte une alloussé, ou bonnet de laine, et qui avec son pyjama sous le manteau et ses grosses bottes rouges ressemble à un pépé bien décapité…


Oh ammo geryes qui se met à se cacher durant les prières, et qui chante pour nous ces « Oooofs, ooooooofs, ooofs » et rigole de façon incongrue, je t’aime !


 


Rita Chemaly …  avril 2008


 


QUE TOUS